La Société historique Pierre-de-Saurel, bien plus qu’une société historique !

Si nous avons souligné les 50 ans de la Société historique Pierre-de-Saurel en 2020, l’année 2021 marque également une étape importante dans l’histoire de notre organisme. En effet, le service des archives célébrera le 1er août les 25 ans de son partenariat avec les Archives nationales du Québec (ANQ)[1] et son intégration au réseau des services d’archives privées agréés du Québec (RSAPAQ), le tout reconnu à travers un processus d’agrément qui doit être renouvelé à chaque période de deux ans.

Une société d’histoire qui voulait être un service d’archives 

[2]

En 1970, au tout début de la Société historique Pierre-de-Saurel, nos activités et conférences se déroulaient presque exclusivement à la Bibliothèque de Sorel. Au courant des années 1980, nous obtenons un local plus spacieux toujours situé dans la bibliothèque qui nous a permis d’y établir un bureau et d’y conserver des archives. Grâce à Mme Madeleine Saint-Martin, qui est alors présidente du conseil d’administration, la Société historique obtient des archives dans le domaine industriel (entre autres de Sorel Industries et de Marine Industries) et nous retenons les services d’une première archiviste professionnelle, Martine Cardin. En 1984, la S.H.P.S. dépose sa première demande de financement au programme d’aide au traitement, un programme mené par l’ANQ. Cette demande est dédiée au traitement du tout premier fonds acquis : le fonds P001 – Sorel Industries.

Entre 1990 et 1995, la Société historique se déplace dans un local qui lui convient mieux, situé au Centre Sacré-Cœur, avant d’obtenir ses propres locaux dans le nouveau Centre d’interprétation du patrimoine de Sorel en mars 1995. Situés au parc Regard sur le fleuve, ces nouveaux locaux permettent de profiter d’une salle d’archives spécialement aménagée et d’accueillir les fonds qui totalisent déjà 584,48 mètres linéaires[3] :

Archives écrites (en m lin.) 154,33 m lin,
Cartes et plans (pièces)  28 964 pièces/405,54
Images fixes (pièces) 73 833 pièces/ 24,61
Enreg. sonores (heures)     148 : 25 heures
Images animées (heures) 71 heures
Microfilms (bobines) 3 bobines
Microfiches (pièces) 3 873 pièces
équivalentes 584,48 la première année[4]

Début des centres d’archives privées agréées par les ANQ en 1992

En vertu de la Loi sur les archives (RLRQ, chapitre A-21.1), de la Politique de soutien aux archives privées et du Règlement sur l’agrément d’un service d’archives privées (RLRQ, chapitre A-21.1, r.1), Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a procédé, à partir de 1990, à la mise en place graduelle d’un réseau de services d’archives privées agréés (SAPA) dans l’ensemble du Québec. Leur but est d’acquérir, de conserver et de diffuser les archives privées du Québec. Il constitue le partenaire des treize centres régionaux opérés par Bibliothèque et Archives nationales du Québec, qui sont présents dans dix régions. Ce programme d’agrément permet la promotion de la conservation, l’accessibilité des archives privées et il reconnaît le caractère professionnel de ces membres.  L’obtention de cette certification souligne les efforts accomplis par les communautés locales pour la conservation et la mise en valeur de leurs archives. 

Pour qu’un organisme soit reconnu comme tel, elle requiert de ces organismes d’avoir à son emploi un archiviste diplômé durant l’ensemble de l’année, d’avoir des installations de conservation possédant un contrôle de température et d’humidité et d’assurer un service public au minimum de 25 heures par semaine. Cette certification était alors accompagnée d’une aide financière de 20 000$[5]. Le processus d’accréditation des services d’archives, qui prendra près de deux ans, sera en fonction à partir de 1992.

Années de recherche de reconnaissance 

Le déménagement de la S.H.P.S. dans les locaux adaptés au Centre d’interprétation en 1995 a permis à cette dernière d’obtenir cette certification finalement le 1er août 1996. Depuis, la Société historique a pour mandat d’acquérir des documents d’archives concernant l’histoire du territoire de la MRC Pierre-de-Saurel et de la MRC Marguerite-d’Youville dans le but de les conserver dans les meilleures conditions possible et de les rendre accessibles au public par un traitement archivistique incluant un classement et le transfert des documents dans du matériel optimisant leur conservation.

Une cérémonie publique pour souligner notre agrément a eu lieu le 21 octobre 1996. Pour l’occasion, M. Marcel Gauthier, maire de Sorel, a prononcé un discours lors de la cérémonie :

« La cérémonie à laquelle nous assistons aujourd’hui est sans doute très significative pour notre Société historique puisqu’elle se voit décerner, en quelque sorte, ses lettres de noblesse.  Même si la Ville de Sorel a apporté à la Société historique Pierre-de-Saurel un soutien technique et financier pendant de nombreuses années, je pense que le mérite de recevoir aujourd’hui son agrément vient surtout du travail acharné de ses fondateurs, ses administrateurs et ses membres. C’est d’ailleurs cette ardeur qui leur a valu d’élire domicile dans ce magnifique centre dressé en hommage à notre patrimoine. »

L’agrément est donc, la reconnaissance officielle que les services d’archives privées sont des partenaires indispensables dans la gestion des archives au Québec. L’agrément garantit à la population que ces normes soient respectées en ce qui a trait à la qualité et à la quantité des archives conservées, à la compétence du personnel, aux bonnes conditions de conservation et de consultation des archives et d’équipement adéquat servant aux chercheurs.

Mentionnons également que l’agrément permet aux services qui ont obtenu cette reconnaissance de conclure avec l’approbation du conservateur des Archives nationales du Québec, des ententes avec les organismes publics pour prendre charge de leurs archives.

Par la cérémonie d’aujourd’hui, la ministre de la Culture et des Communications, Madame Louise Beaudoin, reconnaît la Société historique Pierre-de-Saurel comme service professionnel d’archives au même titre que les centres d’archives privées agréés du Séminaire de Saint-Hyacinthe et de la Société historique de Shefford. Nous sommes convaincus que ces organismes travailleront dans le même sens à la sauvegarde et la diffusion du patrimoine archivistique de la Montérégie.»[6]

Que de chemins parcourus en 25 ans

Depuis, le travail des employés du service des archives a grandement évolué. Tout au long de la décennie 1990, l’informatique remplace lentement, mais sûrement, les outils de recherche manuscrits. Au début des années 2000, les technologies de l’information ont finalement permis le traitement des fonds d’archives à l’aide d’un logiciel spécialisé dans la description et le classement des archives nommé Archi-log. Par la suite, la diffusion des archives de la Société historique s’est de plus en plus facilitée, entre autres avec l’utilisation de numériseurs et des médias sociaux. Notre site internet et notre page Facebook sont devenus des outils de rayonnement bien au-delà de notre communauté d’attache. De plus, l’acquisition de documents numériques est de plus en plus fréquente et elle est maintenant prise en compte lors de la remise de notre rapport à BAnQ. De la même façon, la numérisation est devenue une autre facette au traitement et facilite la consultation tant sur place qu’à distance par les chercheurs et permet une consultation des documents sans manipulation. 

Financement des services d’archives agréées et le financement de BAnQ

Trente ans après sa création; le réseau des services d’archives privées agréés du Québec compte présentement quarante et un membres répartis à travers la province, dont six dans la région de la Montérégie. Collectivement, les services d’archives privées conservent plus de 17 km linéaires de documents textuels, plus de 13 millions de documents iconographiques, plus de 1 million de cartes et plans ainsi que plusieurs milliers d’heures de documents audiovisuels.[7]  À titre indicatif, le financement moyen annuel des services d’archives privées agréés est plafonné à 30 000$ depuis plusieurs années alors que le salaire minimum a plus que doublé entre 1996 et 2021 passants de 5,70$/ heure à 13,50$/ heure au printemps de 2021. Il est assez évident qu’en prenant en compte ces données, il sera difficile pour chacun des centres de suivre le rythme. Autres données importantes pour assurer la pérennité; si la Société historique Pierre-de-Saurel avait l’équivalent de 584,48 mètres linéaires après notre première année de notre agrément; nous en sommes aujourd’hui après 25 ans à plus de 1 300 m.l.

Comme le mentionnait M. Gauthier dans son allocution lors de la cérémonie; la ville de Sorel et plus récemment la MRC Pierre-de-Sorel ont continué d’apporter son support indispensable pour le maintien de la mission de la Société historique Pierre-de-Saurel. Pour continuer de prospérer, ce réseau se doit d’être supporté par leur partenaire, BAnQ. Or, dans les dernières années, les coûts pour assurer le maintien de notre mission n’ont pas été ajustés au niveau du coût de la vie. Cette situation se traduit par un sous-financement tant envers les membres du réseau qu’à BAnQ même comme le dénoncent les médias.[8]

Nous tenons à remercier les nombreux employés qui ont mis la main à la pâte tout au long de ces 25 ans. C’est grâce au travail de chacun d’entre eux que nous pouvons célébrer nos 25 ans et que nous pouvons contempler l’avenir avec un optimisme réaliste. Voici une liste non exhaustive des employés élaborée à partir des rapports annuels déposés à BanQ.

Archivistes

  • Martine Cardin
  • Christian Gariépy
  • Catherine Objois 
  • Jacinthe Claveau
  • Olivier Bolduc
  • Stefan Katseti
  • Mylène Bélanger
  • Amélie Grenier

Techniciens

  • Daphnée Claude
  • Carl Veilleux
  • Isabelle Béliveau
  • Julie Brodeur
  • Emmanuel Roy
  • Félix Sylvestre
  • Mélissa Gauthier
  • Vicky Lefrançois-Racicot
  • Sylvie Côté

Sans oublier les historiens qui font le pont entre le volet historique de notre organisme et le volet diffusion des archives 

  • Mathieu Pontbriand
  • Andrée-Anne Plourde
  • Amy Cournoyer

[1] En 2006 les Archives nationales du Québec (2006) ont fusionné avec Bibliothèque nationale du Québec et la Grande bibliothèque du Québec pour devenir Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

[2] Extrait de la demande.

[3] Le mètre linéaire est utilisé pour l’organisation du stockage en prenant en compte la hauteur des archives (par exemple, boîtes en carton de 32 à 33 cm de haut ou registres reliés de 60 cm). Pour plus d’informations, voir « Le mètre linéaire, unité de mesure des archives »

[4] Ces chiffres sont tirés de notre rapport annuel déposé aux Archives nationales du Québec à la fin de notre première année d’activités 1996-1997.

[5] Catherine Objois-Riopel, La cérémonie d’agrément du 21 octobre 1996, Le Saurelois, vol. 23 no 3 automne 1996, p.6 

[6] Ibid.

[7] Regroupement des services d’archives privées agréés du Québec, Adresse URL : https://www.rsapaq.com/

[8] Éric Desrosiers et Catherine Lalonde, « Les déficits plombent le virage numérique de BAnQ », le Devoir [Québec], 2 juillet 2021. [En ligne] https://www.ledevoir.com/culture/615270/les-deficits-plombent-le-virage-numerique-de-banq (Consultée le 30 juillet 2021).

Catégorie(s) : Histoire locale

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