Demoiselles à marier

La saison estivale est certes la saison chouchou des futurs mariés. Peut-être préparez-vous même en ce moment votre mariage ou celui de votre fils ou de votre fille selon les règles de l’art qui vous a été transmis par vos parents, dans la plus pure des traditions.

Vous devez donc savoir que les rituels entourant le mariage sont nombreux et varient selon les cultures et les époques. Pour ceux et celles qui sont familiers avec le domaine de la couture, cette publication parue dans le journal Le Sorelois dans l’édition du 18 mars 1884 pourrait bien en faire sourire quelques-uns ou quelques-unes :

Une jeune femme, quelque temps après son mariage, en décousant sa robe de mariée, fut fort surprise de trouver dans l’ourlet une véritable collection de cheveux. Toutes les nuances s’y trouvaient représentées. Il y en avait de blonds, de châtains, de bruns et même de roux du fauve le plus pur.

Intriguée, elle chercha longtemps la clef de ce mystère, et la trouva enfin chez sa couturière. En effet, paraît-il, dans les articles de couture, quand on confectionne une robe de mariée, l’ouvrière qui pense à mettre dans l’ourlet quelques-uns de ses cheveux est sûre de trouver un époux dans l’année. Cette recette est infaillible. Avis à vous mesdemoiselles! Vous êtes prévenues, maintenant; ne laissez pas échapper l’occasion et saisissez-la par les cheveux.[1]

Rappelons qu’au 19e siècle, à l’époque où cette publication fût parue, il était de coutume que les jeunes filles se marient avant 25 ans, après quoi elles étaient considérées comme de vieilles filles. Cette coutume fit son ascension d’abord en raison de l’influence de la religion catholique, mais aussi par nécessité puisque les femmes oeuvraient sur la terre à titre de collaboratrices et partageaient le travail quotidien avec les hommes.

Avec l’avènement de l’industrialisation qui marqua la fin du 19e siècle, il fut de plus en plus coutume de voir de jeunes filles intégrer le marché du travail avant le mariage puisqu’il leur était défendu de toucher un salaire par la suite. En ville, près d’un ouvrier sur trois était en fait une ouvrière. Il est donc probable qu’un bon nombre de mèches de cheveux fût trouvé dans les ourlets des robes de mariage à une certaine époque.

Photo de Marguerite Aubin, en 1915, le jour de son mariage avec Paul Tellier, âgée à l’aube de la vingtaine.

Source : Grand Québec.com, Femmes du Québec : 1800-1899, < https://grandquebec.com > (page consultée le 14 mai 2019); Le Sorelois, 18 mars 1884, [Sorel], p. 3; PARENT, France; Au-delà des rôles, la place des femmes; Cap-aux-Diamants; 2004, p.25-29; dans Érudit, < https://érudit.org > (page consultée le 14 mai 2019);

Photo : Fonds Marguerite Aubin-Tellier; P171, S2, SS1, D2.

Crédits : Société historique Pierre-de-Saurel.


[1] Le Sorelois, 18 mars 1884, [Sorel], p. 3.

Catégorie(s) : Histoire du Québec

Une réaction sur “Demoiselles à marier

  1. J’ai des informations sur le mariage durant le régime français. Il serait intéressant de compléter cet article, par ailleurs fort intéressant, pas la période du régime français.

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